Oser briser le silence

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Oser briser le silence

Edito
Editorial de Marie Destraz, responsable du dossier "Orientations sexuelles: accueillir la différence" présenté dans le magazine Réformés du mois de février 2018.

Leur demande est légitime. Ils sont chrétiens et souhaitent être accueillis sans condition au sein de leur Eglise et de sa communauté. Les plaideurs sont homosexuels, transgenres ou intersexes, communément rassemblés sous le sigle à peine barbare de LGBTI.

Et c’est là que le bât blesse: les accueillir d’accord, les autorités ecclésiales sont partantes d’ailleurs. Mais le discours se pose en porte-à-faux avec la réalité. Les personnes LGBTI sont aux prises avec un sentiment d’exclusion et d’ignorance de leur existence, dans les Eglises.

Les Eglises réformées vaudoise et de Berne-Jura-Soleure ont pourtant mis en place un rite pour couples du même sexe, une célébration d’accueil des personnes unies par le partenariat enregistré. A Genève, le sujet est revenu sur le tapis au mois de novembre 2017. Et beaucoup de paroisses réfléchissent aux moyens d’être plus inclusifs.

Le «cas LGBTI» est non seulement une préoccupation de la société actuelle, mais il est aussi une réalité du protestantisme
Marie Destraz

Pendant ce temps, le mariage pour tous et la facilitation des procédures pour changer de sexe font leur chemin au niveau fédéral: de quoi se réjouir! Peut-on alors décemment passer ces réalités sous silence, sous prétexte que le sujet reste sensible et que quelques versets de la Bible, condamnant l’homosexualité, font encore loi pour certains chrétiens?

La réponse est non. Notre journal a pour ambition de diffuser une information ouverte sur le monde, soucieuse des particularités éthiques et sociales de notre temps et de proposer des repères pour que le lecteur se forge une opinion en toute liberté. Le «cas LGBTI» est non seulement une préoccupation de la société actuelle, mais il est aussi une réalité du protestantisme. Ces chrétiens n’ont pas attendu les Eglises pour vivre leur foi à distance. Aujourd’hui, ils aimeraient remettre un pied chez eux sans craindre d’y être jugés ou réduits à leur identité sexuelle.