Savoir se faire entendre

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Irène Courtin
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Savoir se faire entendre

Militantisme
Pour Irène Courtin, assistante doctorante au sein du Département de sociologie de la Faculté des sciences de la société (Université de Genève), les mouvements antispécistes ont gagné une place nouvelle dans le débat public.

Peut-on parler d’une augmentation des véganes et antispécistes? 

C’est une question polarisante (…) Dans les faits, il y a une augmentation des militants antispécistes. A titre d’exemple, l’association la plus importante se réclamant de ce mouvement, L214 en France, regroupait quelques centaines de membres en 2008, aujourd’hui ils disposent d’une cinquantaine de salariés (…)

Pourquoi cette radicalisation ? Pensons par exemple aux dégradations des boucheries.

Il y a toujours eu de la radicalité dans la frange antispéciste. (…) Les antispécistes critiquent ce qu’ils considèrent comme une récupération capitaliste et consumériste de leur cause. Ils ont donc développé des réponses propres à refléter leur sentiment d’urgence pour la cause animale. Mais attention, les blocages d’abattoirs ou caillassages de boucheries n’ont jamais été revendiqués par ces associations jusque-là. Il semblerait que ce soit le fait d’activistes marginaux.

Peut-on parler de succès?

Les fondateurs de L214 voulaient construire un discours grand public, rendre leur cause légitime. Ils ont élaboré des campagnes ciblées, effectué des compromis avec leurs convictions pour toucher un maximum de gens, utilisé les réseaux sociaux. Le travail de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) les a beaucoup aidés. En 2006, la FAO a établi le lien entre production de viande et réchauffement climatique. Depuis 2007 / 2008, ce lien est présent dans les médias et les débats publics. (…) On peut parler de succès car nous sommes tous obligés de nous positionner.