
Une journée pour oser le silence
Deux ans après une journée consacrée à la bénédiction, le comité du Fonds Brandt organise ce printemps une nouvelle journée thématique, au Foyer de l’Ermitage, à Neuchâtel. Le thème «Un silence plein de présence» s’est imposé, notamment face au vacarme de l’actualité. «Je pense que de nombreuses personnes ont besoin d’entrer dans un temps de silence par rapport au monde qui nous envahit, au trop-plein d’activités et à l’agitation du monde qui s’accélère. Cela crée un certain désarroi», explique Hélène Guggisberg, membre du comité et diacre dans les EMS neuchâtelois.
Créé en 1987 par le pasteur Roger Brandt en souvenir de ses parents, ce fonds soutient les actions et réflexions de l’EREN sur l’Église et la santé. «C’est aujourd’hui reconnu que la spiritualité fait partie d’un bien-être global, que c’est un élément à ne pas négliger pour atteindre une prise en charge holistique complète», relève Hélène Guggisberg. Même si cette journée a été plus particulièrement pensée pour le personnel soignant et les personnes faisant de l’accompagnement ou des visites, elle est ouverte à quiconque souhaite une meilleure qualité de rencontre.
Porteur de sens
La journée propose des ateliers pratiques et deux témoignages. Soeur Marie-Pierre, de la communauté de Reuilly, en sera la première intervenante. La diaconesse, qui a longtemps travaillé dans le milieu hospitalier, aidera à mieux comprendre l’importance des temps de silence et de l’écoute bienveillante dans l’accompagnement. «Ne pas se dérober à cet échange même silencieux peut apporter une paix», illustre-t-elle.
Quant au second intervenant, le pédopsychiatre Michael Renk, il proposera une réflexion sur le silence dans l’accompagnement psychologique, psychothérapeutique et spirituel. «Le silence sera abordé comme un événement relationnel à part entière, porteur de sens et de transformation», explique-t-il.
Expérimenter le silence
«Oser rester en silence n’est pas habituel dans notre société. On veut souvent le combler, mais à certains moments, il n’y a rien à dire. Tout ce que l’on pourrait exprimer serait déplacé. Avec cette journée, nous souhaitons partager le fait que le silence est quelque chose de précieux, une richesse, et que, en plus d’apporter une profondeur aux rencontres, c’est un soin à soi et non une absence de parole. Il peut s’apprendre même lorsqu’on n’en a pas l’habitude», partage Hélène Guggisberg
Les différents types de silence existants seront présentés puis essayés lors d’exercices pratiques en petits groupes. Durant l’après-midi, plusieurs ateliers permettront d’appréhender le silence de diverses manières: en lien avec la respiration, lors d’une marche méditative en forêt avec un verset biblique ou par une activité créatrice de land art dans les bois.«Chacun et chacune aura la possibilité d’habiter ce temps comme il ou elle le souhaite. Ce sera une opportunité de réfléchir à son propre besoin de silence et de calme», conclut Hélène Guggisberg.
Côté pratique
Vendredi 29 mai, 9h-16h30, Foyer de l’Ermitage (rue Charles-Knapp 40 à Neuchâtel). Journée de sensibilisation «Un silence plein de présence». 9h: apport de soeur Marie-Pierre sur ce qui est important et difficile dans le silence et travail en petits groupes. 10h45: apport du Dr Michael Renk, point de vue d’un acteur du monde médical pour apprivoiser le silence comme un outil dans les rencontres et ateliers pratiques. 13h30: ateliers pratiques pour expérimenter le silence de façons diverses. 16h: l’écho du silence
Participation aux frais: 25 fr. (repas de midi inclus). Inscription jusqu’au 4 maisur eren.ch/silence. Infos: helene.guggisberg@eren.ch.



