
Droits de l’enfant et catéchèse : un colloque fait le point
Quelque 80 personnes de toute l’Europe et de toutes les confessions ont partagé leurs points de vue durant trois jours à Leysin.
La brume se dissipe sur les Alpes vaudoises en ce mercredi matin 10 juin frisquet. La chaleur est ailleurs: dans la salle du petit déjeuner de l’Alpine Classic Hôtel où de joyeux «Guten Morgen» répondent aux «Bonjour» et aux «Hello».
Dynamique présidente du comité d’organisation, la Fribourgeoise Nicole Awais s’assure que tout se passe au mieux. «Le programme est intense», remarque-t-elle, tout en courant ouvrir la chapelle pour le temps de recueillement qui lance cette deuxième journée de la Conférence européenne d’éducation chrétienne (ECCE).
La rencontre, qui a lieu tous les trois ans, se penche sur les droits de l’enfant, avec une réflexion inspirée par le psalmiste: «Les enfants sont une récompense de Dieu» (Ps 127, 3). Vaste sujet pour les catéchètes, enseignant·es et professionnel·les de l’enfance venu·es de 17 pays. «La question que nous posons, c’est comment la catéchèse soutient non seulement les droits des enfants, mais aussi leur développement et le monde dans lequel ils et elles vivent», explique Nicole Awais. En Europe comme ailleurs, tous les pays n’avancent pas à la même vitesse ni ne sont confrontés aux mêmes difficultés. «L’enjeu est de permettre à tout le monde de faire un pas en avant.»
Pour Peter, d’Irlande du Nord, une telle conférence ouvre des perspectives: «Cela élargit nos horizons et nous permet de partager de bonnes pratiques.» Katalin, théologienne luthérienne hongroise, renchérit: «Je vais repartir avec énormément de matériel mais l’échange d’idées est aussi essentiel.» Nicole Awais abonde, elle qui apprécie la dynamique des discussions et leur bienveillance. Elle en profite pour remercier toutes les personnes qui ont rendu possible l’organisation d’un tel événement – une première – en terres vaudoises, en particulier l’Église évangélique réformée de Suisse et la Conférence des Églises réformées romandes.
Paraboles dessinées
Ici, on soigne autant la forme que le fond, si l’on en croit les supports éducatifs exposés: pâte à modeler, jeux, bulles de savon.
Qui a dit que l’éducation ne devait pas être ludique? Cassant l’image d’un catéchisme ennuyeux, le pasteur suisse Heiner Schubert offre une vision inédite de l’étude biblique. Le voici dessinant en direct une version contemporaine de la parabole du fils prodigue.
C’est fluide, drôle et ultraefficace.
Changement de perspective avec l’intervention de Paul Butler. L’ancien évêque anglican insiste, lui, sur le geste disruptif de Jésus plaçant l’enfant au centre. Ce faisant, Jésus-Christ a bouleversé le débat théologique, illustre-t-il. Suivant cet exemple, © William Cavin/EERV il importe de dépasser l’aspect purement juridique des droits de l’enfant, ou pédagogique, si l’on se réfère à l’éducation, pour reconnaître à l’enfant sa place et sa valeur centrales.
L’éducation, lieu de développement
«Tout cela nous conduit à mettre l’accent dans l’éducation sur la sagesse, et non simplement sur la connaissance; sur l’espoir, et non sur la simple utilité; sur la communauté, et non sur l’individu; et sur la dignité, sans sous-estimer quiconque», indique Paul Butler. Aussi appelle-t-il à considérer l’éducation comme «un lieu de découverte, de collaboration, de croissance dans la fraternité, en reconnaissant que nous sommes tous dans une position de dépendance envers Dieu, une position d’humilité». Pour le Britannique, l’éducation consistera alors «à s’aider les uns les autres à se développer et à grandir en tant qu’êtres humains». De quoi nourrir abondamment les échanges lors des ateliers de l’après-midi.
Retrouvez les dessins de Heiner Schubert sur parole-main.com.



