Les jeunes allemands distancés accordent toujours de la valeur aux Églises

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Vue sur la cathédrale de Berlin.
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Les jeunes allemands distancés accordent toujours de la valeur aux Églises

Markus Geiler (EPD/Protestinter)
15 janvier 2019
Selon une étude, si la jeunesse allemande se désaffilie des Églises, elle considère ces institutions comme bénéfiques pour la société.

Les deux grandes Églises chrétiennes allemandes sont très respectées par les jeunes. Selon la 17e étude Shell sur la jeunesse – commandée par la compagnie pétrolière à un groupe de scientifiques indépendants depuis 1953 –, la grande majorité des jeunes et des jeunes adultes les considèrent comme des institutions sociales significatives et bénéfiques pour la société, a déclaré Klaus Hurrelmann, chercheur sur la jeunesse de la Berlin Hertie School of Governance, à l’agence de presse protestante allemande EPD. Pour autant, ces mêmes jeunes ne sont pas engagés dans ces Églises. «Ils les jugent très utiles, mais ne peuvent imaginer s'y impliquer eux-mêmes. L’engagement est laissé à une minorité», explique Klaus Hurrelmann.

Baisse de l’engagement

Reconnaître sa religiosité et croire en Dieu au sens chrétien est une affirmation valable que pour un bon tiers des jeunes, rapporte le chercheur. Un chiffre qui a d’ailleurs baissé et qui place les jeunes, sur cette question, en deçà de la population adulte. Si un autre tiers des jeunes interrogés ne se considère pas comme non religieux, il ne croit pas en Dieu. Au contraire, ces jeunes gens croient en des pouvoirs surnaturels et surhumains, et sont sensibles aux idées superstitieuses et chamaniques. «C'est là que l'on perçoit une recherche de sens que l'on ne trouve pourtant pas dans les écrits canoniques chrétiens», note le sociologue. Un autre tiers des sondés se reconnaît comme non religieux, pourtant peu d'entre eux se définissent athées. La plupart ne veulent pas s'engager.

Une jeunesse musulmane en transition

En comparaison, la majorité des jeunes musulmans allemands sont très religieux. Deux tiers d’entre eux se considèrent comme religieux. «L'adhésion religieuse est forte, elle détermine de nombreux processus de la vie quotidienne, des décisions et sert de guide dans la vie», explique le chercheur. Toutefois, Klaus Hurrelmann présume que ces tendances vont changer et que l'appartenance religieuse des jeunes musulmans va progressivement s'adapter à celle de la société majoritaire chrétienne. «Nous l'avons déjà observé s’agissant des décisions relatives au mode de vie, à l’image du rôle de l’homme et de la femme, du nombre d'enfants, du rôle de la famille. Dans quinze ans, il n'y aura probablement plus que de petites différences et dans trente ans, il n’y en aura plus aucune entre les jeunes musulmans d'Allemagne et l'appartenance religieuse de la société majoritaire.»