L’Église réformée valaisanne se dote d’une commission de recours indépendante

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Les délégués réunis à Sierre
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L’Église réformée valaisanne se dote d’une commission de recours indépendante

Pour prévenir les cas de crises, les délégués de l’Église réformée du Valais, réunis en synode à Sierre ont modifié leur Constitution et plusieurs règlements.

«La création d’une commission de recours indépendante permettra d’éviter les collusions et les conflits d'intérêts», explique le pasteur Gilles Cavin, vice-président du Conseil synodal (exécutif) de l’Église réformée évangélique du canton du Valais (EREV). Depuis 2015, une paroisse alémanique de l’EREV vit des temps difficiles avec un pasteur retraité peinant à lâcher les rênes. En novembre 2018, le synode a pris des mesures pour améliorer la gestion des crises en modifiant en première lecture sa Constitution et différents règlements.

Réunis samedi 4 mai à Sierre, les délégués ont ratifié ces différents changements organisationnels et structurels qui entreront désormais en vigueur dès janvier 2020. Parmi les importantes modifications: la création d’une Commission de recours indépendante. Jusqu’à maintenant, c’était le Conseil ecclésiastique qui avait, entre autres, cette fonction. Or, les membres de cet organe pouvaient également faire partie d’autres commissions de l’EREV créant ainsi des conflits d’intérêts. Ce conseil a donc été supprimé et remplacé par une Commission de recours indépendante, dont les membres ne devront pas «faire partie d’un Conseil de paroisse ni d’une autre autorité de l’EREV».

Les délégués ont également décidé de donner plus de marge de manoeuvre au Conseil synodal. L’exécutif pourra désormais intervenir pour imposer des démarches et des solutions dans le fonctionnement d’une paroisse, en cas de difficultés graves. Les modifications, abrogations et créations de la trentaine d’articles se sont déroulées quasiment sans discussion et acceptées à l’unanimité, sauf quelques abstentions.

Des comptes 2018 réjouissants

Lors de cette rencontre, le synode s’est également penché sur les finances de l’EREV. «J’ai le sourire», lâche Jean-Luc Borel, membre du Conseil synodal et trésorier. Les comptes 2018 présentent un excédent de recettes de 28'676 francs contre 6'340 prévus, sur un budget d’exploitation de 475'186 francs. Ce montant sera attribué au capital de l’EREV. Pour la deuxième année consécutive, l’exercice se solde par des chiffres positifs. Face à un «déficit structurel», une nouvelle stratégie financière a été mise en place en 2016, demandant l’augmentation des contributions des paroisses au budget d’exploitation. «Le mécanisme mis en place a permis à l’EREV d’avoir rapidement plus de fonds sans mettre en danger les paroisses», précise Jean-Luc Borel qui ajoute qu’un fonds de solidarité est encore disponible pour celles qui auraient des difficultés.

Cette nouvelle stratégie prévoyait une augmentation progressive des cotisations jusqu’à stabilisation de la situation. Ainsi, les délégués ont accepté, avec 40 voix et 5 abstentions, d’augmenter la contribution paroissiale, pour l’année prochaine. Elle se compose de plusieurs éléments: 2,5% de leur masse salariale et 1,5 franc par paroissien destiné à l’aumônerie de prison et d’autres postes, ces chiffres sont inchangés, ainsi que le solde du fonds de Présence protestante qui s’élève à 10'000 francs. Ce qui va augmenter pour 2020, c’est le montant proportionnel au nombre de paroissiens. Il va passer désormais de 12 à 12,5 francs par tête. L’EREV rassemble actuellement quelque 20'000 protestants. «On pourra bientôt enlever les mots «déficit structurel» de notre vocabulaire», se réjouit Jean-Luc Borel qui quittera le Conseil synodal fin juillet. Il sera remplacé par Stephan Kronbichler, qui a été élu avec 44 voix et une abstention lors de ce synode à Sierre. Il était le seul candidat à se présenter pour le poste.