Une femme à la tête des Églises réformées Berne-Jura-Soleure

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Judith Pörksen Roder a été élue présidente du Conseil synodal des Églises réformées Berne-Jura-Soleure le 18 août, lors de la première journée du Synode d’été.
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Une femme à la tête des Églises réformées Berne-Jura-Soleure

18 août 2020
Judith Pörksen Roder a été élue présidente du Conseil synodal des Églises réformées Berne-Jura-Soleure le 18 août, lors de la première journée du Synode d’été

Pour la première fois de son histoire, c’est une femme qui prendra les rênes des Églises réformées Berne-Jura-Soleure mi-septembre. Le 18 août, en ouverture de sa session d’été, le synode (organe délibérant) a élu Judith Pörksen Roder à la présidence du Conseil synodal (exécutif) par 108 voix contre 70 pour son concurrent Cédric Némitz, conseiller municipal de la Ville de Bienne, ancien pasteur et journaliste.  «Je suis heureuse que notre Synode ait élu une femme. C’est un signe de reconnaissance pour toutes celles qui sont engagées dans notre Église. Cette élection est aussi un signe de confiance en notre Conseil synodal actuel», lâche la nouvelle élue, actuellement membre de l’exécutif, qui succédera à Andreas Zeller qui part à la retraite.

Proche du terrain

Si la carrière politique et de communicant du concurrent a notamment été mise en avant lors des débats, c’est le genre qui semble avoir fait pencher la balance.

L’élection d’une femme à ce poste est donc historique, mais ne fait pas tout. Et pour cause, Judith Pörksen Roder n’est pas inconnue au bataillon. La pasteure bernoise de 56 ans est membre du Conseil synodal depuis avril 2019, responsable du secteur «paroisses et formation». En session, ses soutiens ont souligné son engagement et son écoute, son aptitude à jouer en équipe, mais surtout sa capacité à créer des ponts, tant entre les régions rurales et urbaines qu’entre les générations, sans compter sa grande proximité avec les paroisses et leur réalités. Autant de cordes à son arc qui ont scellé l’élection.

Des défis globaux

Parmi les défis à relever, la conseillère synodale rappelle que les changements sociaux sont à percevoir comme une opportunité et non comme une menace. À l’instar du numérique, au sein duquel la pasteure relève d’ailleurs les expériences positives développées lors du semi-confinement.

«Le défi majeur reste de promouvoir l’innovation dans notre Église, alors même que  nous perdons des membres et des ressources financières. Nous devons fixer des priorités. Le travail avec la jeune génération, pour la renforcer spirituellement et lui donner de l’espérance, en est une. Nous développons d’ailleurs une nouvelle forme de catéchèse et avons un groupe d’action pour la lutte contre le réchauffement climatique», explique Judith Pörksen Roder.

Les questions financières ne sauraient échapper au lot de priorités. Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les Églises nationales bernoises le 1er janvier dernier, l’État a transféré sa responsabilité d’employeur aux Églises. Dès 2026, il leur reviendra donc de financer les salaires des ministres. Le Canton accordera une subvention aux Églises nationales pour leurs prestations d’intérêt général. «En réalisant un rapport sur ces prestations c’est une chance pour nous de présenter au public les prestation d’une Église pour tous», déclare la pasteure. C’est surtout un nouveau partenariat qui s’ouvre avec l’État, et que la nouvelle présidente compte bien cultiver.