Prendre la Bible à la lettre ou la prendre au sérieux!

Yves Bourquin, président du conseil synodal de l'EREN / © DR
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Yves Bourquin, président du conseil synodal de l'EREN
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Prendre la Bible à la lettre ou la prendre au sérieux!

Yves Bourquin, président du conseil synodal de l'EREN
30 mars 2022
Interprétation
Point de vue d' Yves Bourquin, président du conseil synodal de l'EREN

«Nous avons le choix entre prendre la Bible à la lettre ou la prendre au sérieux!» Cette maxime du physicien Friedrich von Weizsäcker est souvent citée par les pasteur·es pour considérer la place de la Bible en théologie réformée. Dans le Nouveau Testament, nous trouvons quatre Evangiles. Chacun à leur manière, ils racontent la vie et les enseignements de Jésus et culminent dans l’événement de sa mort et de sa résurrection. Or, ils racontent cela de façon différente et certains récits sont même contradictoires. Pourquoi avoir toléré dans la Bible de telles contradictions? La réponse des théologiens de jadis, qui ont fait le tri des livres à garder dans le Nouveau Testament, est la suivante: pour éviter le littéralisme et admettre des points de tension et de comparaison, donc relativiser la vérité. N’avoir qu’un seul Evangile aurait posé moins de problèmes d’interprétation, mais aurait drastiquement réduit le champ des possibles.

Chaque être humain réécrit constamment son histoire

Ce qui est beau, c’est que, malgré les contradictions, un chemin de cohérence se dessine: il revêt une importance décisive pour notre existence. La vie humaine est aussi faite de plusieurs histoires qui s’entrecroisent, de plusieurs regards. Chaque être humain relit, refait et réécrit constamment son histoire en lien avec ses souvenirs et les événements qu’il traverse. Il se laisse également influencer. Cette maxime nous met en garde contre toute pensée ou croyance monolithique et enfermante. Par contre, elle invite à la liberté de conjuguer et de questionner nos croyances et nos contradictions pour trouver un chemin avec Dieu dans l’existence.