Qualité, à surveiller à la source plutôt qu'en surface

Qualité, à surveiller à la source plutôt qu'en surface
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Qualité, à surveiller à la source plutôt qu'en surface
Qualité, à surveiller à la source plutôt qu'en surface

Qualité, à surveiller à la source plutôt qu'en surface

12 août 2019

L'évaluation cherche à garantir la qualité de nos gestes: mais que mesure-t-on? On a le souci des facteurs externes, des matériaux et des procédures, des ingrédients et de la propreté. Puis on mesure peut-être de même la quantité de motivation et d'initiatives, quitte à réduire la psychologie des personnes à des stimulants et réactions mesurables. En thérapeute de nos évaluations, notre maître Jésus vise une autre dangerosité: «Rien d’extérieur à l’humain entrant en lui ne peut le détruire; ce qui va le détruire, c’est tout ce qui sort de lui.» (Marc 7,15)

C'est une des phrases les plus énergiques et originales de Jésus, à lire son exégète Daniel Marguerat (voir son récent livre "Vie et destin de Jésus de Nazareth"), car Jésus y contredit le rituel vital de pureté et la peur des impuretés mortelles. Le destructeur (littéralement "l'impur" hostile à la vie), c'est du dedans qu'il vient. Du dedans de l'évaluateur et du dedans de l'évalué!

«Si ton regard est sain, ton corps entier est dans la lumière; mais si ton regard est malsain, ton corps entier reste aussi plongé dans le noir. Vérifie donc si la lumière en toi ne serait pas noire.» (Luc 11,34-35)

Le regard de l'évaluateur est-il sain? Mon regard l'est-il lorsque je mesure mes performances et mes moyens, mes conditions de travail ou les risques de mes activités? Ce regard pourra-t-il mettre de la lumière dans nos engagements?

Notre corps n'est pas animé seulement de réactions à des facteurs externes: il est porté par un souffle interne, un regard sur le monde, une lumière  -  qui ne doit pas s'obscurcir! Là intervient Jésus, pour que notre travail serve et protège l'humain et le monde.

Ne laissons pas limiter nos engagements à la mesure superficielle de l'efficacité ou de la réussite: notre vie mérite mieux que des performances, de la concentration, du stress ou de l'excellence! Elle mérite surtout de la compassion: "Heureux les compatissants, car il seront objets de compassion." (Matth.5,7)

A la source de nos activités, il y a un regard sur ce qui est vital, un éclairage sur ce qui advient. Un échec du monde et de la vie les ferait cesser ou se crisper, car elles veulent la réussite du monde et de la vie: c'est la promesse de Jésus, lumière pour tout notre corps actif, envers et contre tous les échecs et toutes les imperfections. Que brille alors ce qui sortira de nous!

(Travaux d’été n° 5 = page 17 du blog «Laisser travailler la vie»)