La responsabilité de l’Église est en jeu

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Une capture de la page 4 du «Temps» du 10 février.
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La responsabilité de l’Église est en jeu

11 février 2020

En page 4 du journal Le Temps, on trouve très naturellement des commentaires sur les dernières votations fédérales et, sous le titre « Le triomphe de l’arc-en ciel » le sous-titre suivant : « DISCRIMINATIONS Après une campagne très émotionnelle, le référendum contre la criminalisation de l’homophobie échoue largement. Les associations LGBT saluent une journée historique et mettent le cap sur leur prochain objectif : le mariage pour tous ».

Rien là que de très normal, on sait le calendrier prévu. Mais ce qui retient l’attention, ce sont les deux passages repris ci-dessous qui figurent dans le corps de l’article :

« C’est une grande victoire se réjouit Muriel Waeger, directrice romande de l’association Pink Cross et de l’Organisation des lesbiennes (LOS)….. Cette réussite est un signal en faveur du changement, dit-elle. La prochaine étape concernera le mariage civil, qui sera discuté au parlement ce printemps. Nous demandons qu’il inclue la procréation médicalement assistée…. » (c’est moi qui ai mis en gras).

Un peu plus loin, à la question posée à M. Mathias Reynard (PS/VS) « quelle est la prochaine étape » ?, la réponse est la suivante : « Nous nous concentrerons également sur le dossier du mariage pour tous, qui ne prévoit pas la procréation assistée. Or nous voulons que chacun dispose des mêmes droits » (c’est aussi moi qui ai mis en gras).

Le message est clair, pour les associations LGBT, on ne saurait parler du mariage pour tous sans traiter de la procréation médicalement assistée (PMA) donc du droit à l’enfant, et ce au nom de l’égalité.

Il est donc impératif que l’Eglise lance une vraie réflexion sur le sujet

Le mariage est-il ou non lié à la notion de filiation ? Implique-t-il le droit à l’enfant ? L’égalité et la non-discrimination selon l’orientation sexuelle passent-elles obligatoirement par la PMA ? Les problèmes éthiques sont considérables. On ne saurait les limiter à un problème d’homosexualité. Si l’on veut éviter de réduire le débat futur à de simples échanges de citations bibliques, ou de le voir glisser vers un durcissement des positions, il est de la responsabilité de l’Eglise d’aborder en face et publiquement ces questions au lieu de se réfugier frileusement derrière un « on verra après le mariage pour tous ». La crédibilité de l’Eglise et la confiance de maints fidèles sont en jeu.