Raconte-moi la Bible

©Nicolas Righetti
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Un extrait de l'épisode "Le Déluge et l'arche de Noé".
©Nicolas Righetti

Raconte-moi la Bible

24 janvier 2019
Du 25 janvier au 19 mai, le Musée international de la Réforme à Genève accueille l’exposition temporaire «Il était plusieurs fois». En onze films de quatre minutes, le spectateur traverse l’Ancien Testament en son et en images.

«Comment tout a commencé, nous ne le saurons jamais, mais nous avons la parole et c’est avec elle que tout commence.» C’est avec ces premiers mots, portés par la voix du comédien français André Dussollier, que s’ouvre le récit de la création, l’une des onze vidéos de l’exposition Il était plusieurs fois, qui se tient au Musée international de la Réforme (MIR) à Genève du 25 janvier au 19 mai. En quatre minutes, le spectateur voit s’écouler devant ses yeux la semaine originelle, le gros poisson avaler Jonas, Caïn tuer Abel, les eaux engloutir la Terre et l’amour se vivre dans le Cantique des Cantiques. Les textes sont signés Frédéric Boyer, écrivain français à l’origine notamment de La Bible des écrivains. Les animations sont celles de Serge Bloch, auteur et dessinateur français, à l’origine de la célèbre série pour enfant Max et Lili et dessinateur de presse. Pour cette exposition, les deux hommes se sont inspirés de leur ouvrage BIBLE. Les récits fondateurs, paru chez Bayard en 2016.

Des récits poétiques

Au fil des salles, le visiteur passe d’un écran à l’autre, d’un récit à l’autre, accompagné dans ses déambulations par des dessins originaux et les fresques au mur, créées pour l’occasion. «C’est une traversée de l’Ancien Testament et un travail sur les grandes questions existentielles que posent les récits fondateurs de l’Ancien Testament. Leur force réside dans leur universalité et leur actualité», explique Frédéric Boyer.

Les textes comme les coups de crayon sont sobres. Les couleurs rares, tantôt d’une douce pâleur, tantôt ardentes, elles servent une narration sérieuse, grave, ludique ou humoristique. Quant aux histoires lointaines, elles résonnent chez le visiteur à travers les thématiques qu’elles lui lèguent: amour, jalousie, violence, exil.

Cette nouvelle façon de raconter la Bible met sur le devant de la scène son aspect narratif et poétique intrinsèque, mais sans vocation confessante ou spirituelle aucune. L’exposition se veut accessible à tous et l’interprétation est laissée à la liberté du spectateur. «Nous ne faisons que raconter des histoires, explique Serge Bloch. Des histoires qui ne sont pourtant pas vidées de Dieu.»

Nous ne faisons que raconter des histoires. Des histoires qui ne sont pourtant pas vidées de Dieu
Serge Bloch

Des histoires à transmettre

«Au cœur de cette foi, il y a la transmission d’histoires. La révélation se raconte, les grandes figures bibliques se transmettent, précise Frédéric Boyer. Il y a une vraie énergie littéraire et de transmission du rapport à l’existence dans la Bible. Mais nous avons pris de la distance par rapport à la transmission de la foi.»

«Ces histoires, je les ai entendues enfant. J’ai grandi dans une petite communauté juive d’Alsace. Et je me souviens que le rabbin nous donnait des images à colorier pendant qu’il nous racontait le sacrifice de Jacob par exemple. Je retrouve ce plaisir en illustrant les textes de Frédéric Boyer. Ces histoires se trouvent au croisement entre la culture et la foi et peuvent s’adresser aux croyants et à ceux qui ne le sont pas. Si le format de l’exposition rejoint les habitudes actuelles, nous avons toujours eu besoin d’histoires. On trouvait déjà des histoires peintes sur les parois des cavernes!»

Il était plusieurs fois a tourné en France et en Pologne notamment. Aujourd’hui, en Suisse, elle devrait rejoindre Budapest et Bogota. Quant aux auteurs, ils travaillent déjà sur le Nouveau Testament, en douze récits. La suite au prochain épisode.