Les Églises face aux élections américaines

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Les Églises face aux élections américaines

epd
15 septembre 2020
«Dieu bénisse l'Amérique» - Les politiciens américains aiment terminer leurs discours par cette phrase, n’hésitant pas à mettre leur foi en jeu dans leurs stratégies politiques. Mais qu’en est-il des électeurs ? Deux instituts livrent un aperçu de la position des Églises.

Aux USA, les Églises sont exonérées d’impôts. Elles doivent en contrepartie maintenir leur neutralité politique, un statut qui peut leur être retiré en cas de transgression. Il est cependant très rare que les éventuelles infractions fassent l'objet de sanctions légales. Mais si les Églises ont un devoir de réserve, ce n’est pas le cas des fidèles. Alors que l'État ne collecte pas de données sur la religion des citoyens, les instituts de recherche Pew Research Center et Public Religion Research dévoilent quelques chiffres.

L'importance de l'électorat catholique

Comptant environ 70 millions de fidèles, l'Église catholique romaine est la plus grandes des États-Unis. Plus d'un tiers des catholiques sont des latinos-américains. Or, selon le résultat de l'élection partielle de 2016, une majorité d'électeurs catholiques blancs ont voté pour Donald Trump, alors que deux tiers des catholiques latinos-américains ont pris position pour la démocrate Hillary Clinton.

Aujourd’hui, les évêques catholiques louent la position de Donald Trump contre l'avortement, mais critiquent sa politique sociale et ses mesures contre l'immigration. S’il est élu en novembre prochain, le démocrate Joe Biden serait le deuxième président catholique après John F. Kennedy (1961-63).

Des protestants divisés

Selon le Pew Research Center, les protestants représentaient environ 43% de la population américaine en 2019, un chiffre en baisse depuis dix ans. Parmi les protestants, on distingue les membres des Églises traditionnelles, telles que luthériennes, méthodistes, presbytériennes ou anglicanes, ainsi que les membres des Églises libres indépendantes et les méga-church de mouvance évangélique, qui regroupent chacune plusieurs milliers de fidèles. La Convention baptiste du Sud, avec 14,5 millions de membres, est la plus grande église protestante américaine.

À l’instar des catholiques, les protestants blancs et noirs restent entre eux pendant les célébrations du dimanche, un fossé qui s’illustre aussi dans les bulletins de vote. Selon le Pew Research Center, 57% des protestants blancs ont voté pour Donald Trump en 2016, contre seulement 3% des protestants noirs.

Le cas des évangéliques

 Le Public Religion Research recense 15% de chrétiens évangéliques blancs parmi la population américaine. Les évangéliques se considèrent comme des chrétiens protestants qui ont fait l'expérience d’une conversion et d’une «relation personnelle» avec le Christ. Ils se trouvent principalement dans les Églises libres indépendantes, les méga-church, quelquefois dans les Églises traditionnelles et sont souvent engagés dans les missions. Organisés en fédérations, les évangéliques blancs sont étroitement alliés au parti républicain. Nombreux sont ceux qui se sentent victimes de l’évolution rapide de la société.

D'autres horizons électoraux

Toujours selon l’étude, les États-Unis comptent de plus en plus de personnes sans lien avec des groupes religieux organisés. En 2019, 26% des personnes interrogées par le Pew Research Center ont déclaré n'avoir aucune religion fixe, se considérant comme agnostiques ou athées. En 2009, seulement 17% d'entre eux appartenaient à cette catégorie. Un recul particulièrement marqué chez les jeunes qui ont pris leurs distances avec les institutions religieuses.

Environ 2% des Américains sont juifs, 2% sont mormons et, selon l’Institut de recherche Pew, on estime respectivement le nombre d'hindous, de musulmans et de bouddhistes à 1%. Les mormons sont considérés comme des républicains fiables. Les juifs, les musulmans, les hindous et les bouddhistes, quant à eux, votent de manière imprévisible, avec une préférence pour les candidats démocrates. Une même tendance est observée chez les personnes distanciées des institutions religieuses.