L'Église, source de développement au Mozambique

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L'Église, source de développement au Mozambique

Développement
Le programme Lumuku de l’Eglise presbytérienne du Mozambique forme ses membres à la gestion de projets pour favoriser le développement local. Zoom sur une initiative soutenue par DM-échange et mission, et à l’affiche de la campagne d’automne Sillons d’espoir.

« Une paroissienne a monté un projet de couture avec d’autres femmes. Elles confectionnent des sacs sur une machine à coudre reçue de la coopérative. Elles vendent ensuite le produit de leur travail, ce qui leur a permis d’acheter une autre machine à coudre. Au lieu d’accroître les revenus liés à ce projet, ces femmes ont offert la machine à une autre paroisse. Elles ne travaillent pas pour elles, mais pour les autres. Nous avons à apprendre de cette solidarité. » Au bout du fil, entre émotions et silence, Christine Wulliamoz se remémore l’une des rencontres qui a marqué son séjour au Mozambique. Elle y vit encore, avec son mari Pascal.

« Lumuku veut dire “autonomie” en tsonga »

A l’autre bout du téléphone, leurs voix grésillantes témoignent de la distance. Envoyés de DMéchange et mission, ils ont posé leurs bagages à Maputo, capitale de ce pays du sud-est de l’Afrique en janvier 2017, pour deux ans. Ces deux Vaudois retraités travaillent actuellement pour l’Eglise presbytérienne du Mozambique (IPM), partenaire de longue date de DM-échange et mission, dans le cadre du projet Lumuku («autonomie» en tsonga). L’objectif est de former les membres des 70 paroisses à la gestion de projets et de les accompagner dans la réalisation d’initiatives locales génératrices de revenus et répondant au besoin de la communauté. Pascal est conseiller en gestion de projet, Christine donne des cours de français et assure les liens avec la Suisse. Cette nouvelle mission était taillée pour le couple qui a fait ses armes dans la formation à la gestion de projet, au Cap- Vert, dans les années 1980.

Autonomiser les paroisses

Aujourd’hui, Pascal forme des formateurs qui inciteront des membres de leur paroisse à élaborer des micro-projets, visant la durabilité et l’autogestion. Concrètement, les futurs formateurs apprennent à définir les objectifs, les coûts et les risques ; à établir un budget et à faire face aux imprévus. Ils élaborent ensuite un projet – en fonction des besoins des membres de la communauté – qui puisse générer des revenus, en partie reversés à la paroisse et au financement de ses activités. Pascal prend part à la formation théorique et accompagne la mise en oeuvre des projets. Quatre d’entre eux ont déjà vu le jour, une dizaine devrait prendre forme l’année prochaine. Et pour émerger, l’huile de coude ne suffit pas. L’IPM met à disposition un fonds financier, sous la forme de prêts à faible taux d’intérêt. Lumuku est sous la houlette de l’Eglise. Bien que minoritaire avec ses 250 000 membres, pour une population de 29 millions d’habitants, l’IPM joue un rôle social important, attentive aux besoins spirituels et matériels de ses membres.

Du poussin à la crèche

Parmi les initiatives qui ont déjà vu le jour, l’élevage de poulets. Dans les villes de Chibuto, Mausse et Xaixai, plusieurs centaines de poussins ont été lâchés dans les poulaillers de paroissiens ou aménagés dans d’anciens locaux paroissiaux. «Cet élevage ne demande pas beaucoup d’investissements et la rentabilité est rapide. Après un mois déjà, vous pouvez vendre les poulets et gagner de l’argent», explique Pascal Wulliamoz. A Mausse, on prévoit de construire une crèche pour les enfants avec les bénéfices de la vente.

La campagne Sillons d'espoir en bref

La campagne d’automne Sillons d’espoir, de DM-échange et mission et de l’Entraide protestante suisse (EPER), appelle aux dons pour des projets de développement communautaire et d’accès à l’alimentation. Infos sur la campagne, les projets, des vidéos et les dons sur www. dmr.ch/campagne