La Conférence des Églises européennes met en garde contre la sécularisation

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La Conférence des Églises européennes met en garde contre la sécularisation

11 juillet 2013
Budapest (epd - ProtestInter) L’Assemblée générale de la Conférence des Églises européennes (KEK) met en garde contre la sécularisation croissante en Europe. Les représentants de 120 Églises anglicanes, orthodoxes et protestantes se sont réunis à Budapest du 4 au 8 juillet.

Pendant les cinq jours de l'Assemblée, les 400 délégués ont adopté une nouvelle constitution et un projet prévoyant une réduction des organes directeurs. Le siège de la KEK va quitter Genève pour Bruxelles d'ici 2015 tandis qu'un bureau devrait rester ouvert à Strasbourg tant que les finances le permettent.

L’Europe est confrontée à une sécularisation croissante, a affirmé l’évêque réformé hongrois József Steinbach à l'ouverture. Cette évolution va de pair avec une relégation de la religion en marge de la vie publique. La situation juridique des Églises est remise en question autant que les valeurs chrétiennes.

Pour le président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), le cardinal hongrois Péter Erdö, la sécularisation peut rendre particulièrement ardu, aujourd’hui, le chemin qui mène à Dieu. Parfois, on a l’impression que les grandes promesses de liberté et de vérité restent lettre morte. Les attentes qui ont suivi l’effondrement du système communiste semblent bien éloignées de la réalité, a constaté le cardinal, qui est aussi archevêque d’Esztergom-Budapest et président de la Conférence des évêques catholiques de Hongrie.

Le temps est venu pour l’Europe de «trouver la capacité de décider à nouveau de son avenir», a déclaré Mgr Erdö, citant une exhortation apostolique du pape Jean-Paul II. La base de cet avenir est la rencontre avec le message chrétien. Le cardinal hongrois s’est référé aussi à la collaboration œcuménique constructive en Europe. Il a qualifié d’exemplaires les trois Rassemblements œcuméniques européens organisés par la Conférence des Églises européennes et le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe.

«Ce n’est pas notre rôle de résoudre les problèmes de l’Europe», a déclaré le métropolite orthodoxe grec Emmanuel de France à la veille de l’ouverture. Mais si la Conférence des Églises européennes se transforme, cela pourrait aussi avoir une influence sur les institutions voisines, a ajouté le métropolite, qui est à la tête du Présidium de l’organisation œcuménique. La Conférence des Églises européennes est une communauté chrétienne qui entend donner une voix aux Églises pour l’expression de préoccupations communes.

À propos de la réorganisation de la KEK, le secrétaire général Guy Liagre a souligné la nécessité de procéder à des réformes, étant donné que tant les conditions dans la société que le paysage ecclésiastique ont changé. Face à des défis tels que la sécularisation, la pauvreté, les droits des minorités et la corruption systématique, il importe que la Conférence des Églises européennes intervienne efficacement en tant que médiatrice, mette à disposition ses connaissances et soutienne les réseaux de paroisses locales et d’Églises régionales et nationales, a ajouté le pasteur belge.

La voix des Eglises en Europe

La Conférence des Églises européennes suit politiquement les travaux du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne et encourage les échanges et le rapprochement théologique entre Églises membres de toute l’Europe. L’association fraternelle d’Églises a été fondée en 1959 par des chrétiens d’Europe orientale et occidentale qui, à l’époque de la guerre froide, voulaient créer un forum propre à favoriser l’entente commune.

Les organes de la Conférence des Églises européennes sont l’Assemblée générale, qui se réunit tous les six ans, le Présidium et le Comité central. Entre les Assemblées, le Comité central, composé jusqu’ici de 40 membres, constitue l’organe directeur suprême. Le président est à l’heure actuelle le métropolite orthodoxe grec Emmanuel de France. Les vice-présidents sont l’évêque anglican Christopher Hill et la théologienne protestante allemande Cordelia Kopsch. L’organisation a son siège à Genève, et des bureaux à Bruxelles et Strasbourg.

L’Église catholique romaine n’est pas membre de l’organisation. Toutefois, la KEK travaille en étroite collaboration avec le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE): ensemble, les deux partenaires ont organisé les Rassemblements œcuméniques européens, jusqu’ici au nombre de trois. Au niveau de l’Union européenne, la KEK coopère, en tant qu’association faîtière des Églises non catholiques, avec la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) installée à Bruxelles. L’Église orthodoxe russe a suspendu sa participation à la KEK en 2008. (FNA-64)